Révérend Botrus Mansour
Jean 18:36 - “ Mon royaume n'est pas de ce monde. ”
Luc 19:28–44
Voici le récit classique du dimanche des Rameaux, que l'on retrouve dans tous les Évangiles, et j'ai choisi celui de l'Évangile de Luc.
Si l'on regarde en arrière, on constate que durant le ministère de Jésus, le peuple voulait le couronner roi. Pourquoi ?
- À l'époque de Jésus, le peuple était sous domination romaine et aspirait à un chef qui le délivrerait du joug romain et régnerait sur lui en roi. Il vivait sous occupation et désirait un roi.
- Dans Jean 6:10 et suivants, nous trouvons l'une des principales raisons de leur désir de faire de lui leur roi, ainsi que la réponse de Jésus.
Jésus nourrit cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec cinq pains d'orge et deux poissons, et l'on ramassa douze paniers pleins de restes.
Ils vivaient de l'agriculture et dépendaient de la pluie.
Par exemple, dans l'histoire de Naomi et d'Élimélec, ils se sont installés à Moab à cause de la famine et du manque de pluie.
On constate également des années de famine dans l'histoire de Joseph.
Lorsque Jésus les nourrit au bord du lac de Galilée, leur désir de le voir régner sur eux s'accrut. Ne subvenait-il pas à leurs besoins ? Ne guérissait-il pas les malades ? Il leur offrait sécurité, nourriture, guérison, protection (contre les tempêtes) et enseignement.
Il a abordé les problèmes économiques dont ils souffraient à cette époque.
Pourtant, pendant un certain temps, Jésus a résisté à l'idée de devenir roi.
Par exemple, au verset 15 de ce même chapitre :
“ Mais Jésus, sachant qu’ils projetaient de venir et de le faire roi par la force, se retira de nouveau sur la montagne, à l’écart. ”
Mais ici, nous constatons un changement !
À ce moment précis – son entrée à Jérusalem – il semble que sa volonté et celle du peuple se soient rencontrées.
Plus tôt, dans le chapitre précédent, les aveugles de Jéricho l’appelèrent : “ Fils de David ! ”, et il ne les en empêcha pas. Il semblait disposé à être reconnu comme le Messie, comme roi.
Oui, un roi, mais un roi d'un genre différent !
Dès le début, il a bouleversé les attentes. Il incarnait un royaume à l'envers.
Il naquit roi, mais dans une extrême pauvreté, dans une mangeoire. Il vécut dans la misère et n'avait nulle part où reposer sa tête.
Il n'a pas véhiculé un message de puissance militaire, d'autorité, de violence ou de manœuvres politiques.
Dans le monde d'aujourd'hui, nous constatons la montée du pouvoir et de l'autorité, et malheureusement, même les croyants soutiennent parfois une telle force et une telle domination ; pourtant, Jésus présente un modèle radicalement opposé.
À ce moment précis – son entrée à Jérusalem – nous voyons clairement qu’il est un roi d’une autre espèce.
Nous le contemplerons avant l'entrée, pendant la procession et après l'entrée. Il est le même hier, aujourd'hui et éternellement.
- Le passé – Avant l'entrée
En préparation de son entrée à Jérusalem :
Le roi Jésus n'avait même pas d'âne pour se déplacer.
Ce roi s'est fait pauvre afin que nous puissions nous enrichir par sa pauvreté.
Le roi de l'univers ne possédait aucun animal. Il dut également emprunter un lieu pour célébrer la Pâque, et même un lieu pour être enterré.
En bref, il n'avait nulle part où poser sa tête.
Jésus envoya ses disciples dans un village (Bethphagé ou Béthanie). Après le récit de la résurrection de Lazare à Béthanie, sa renommée se répandit et les foules affluèrent.
Plusieurs personnes se partageaient l'âne, témoignant ainsi de leur pauvreté.
Jésus a demandé à ses disciples de dire aux propriétaires : “ Le Seigneur en a besoin. ”
Voici le premier paradoxe :
“ Le Seigneur ” — gloire divine
“ en a besoin ” — l’humilité humaine
Deuxième paradoxe :
“Voici, votre roi vient à vous, doux et monté sur un âne.”
Un roi doux.
Le problème du monde est que les serviteurs se prennent souvent pour des rois.
Les religions envoient des messagers pour dire aux gens de ne pas faire cela.
Mais le christianisme fait le contraire : le Roi s'envoie lui-même comme serviteur.
C'est vraiment un roi pas comme les autres !
Chose intéressante, Jésus – contrairement à beaucoup de figures empreintes de douceur – ne s'est pas montré modeste. Il s'est déclaré Seigneur et Maître. Il a dit “ Je suis ”, se proclamant divin lorsqu'ils sont venus l'arrêter.
Donc, soit vous l'acceptez pleinement, soit vous le rejetez — il n'y a pas de juste milieu.
“ Un âne que personne n’avait jamais monté ” symbolise quelque chose d’intact, comme son tombeau inutilisé, sa naissance d’une vierge, et même la génisse rousse décrite dans les Écritures.
Malgré la foule et son manque de dressage, le jeune âne n'a pas résisté. Même cet âne nous apprend quelque chose.
Les disciples y déposèrent leurs vêtements en signe de dédicace.
Monter un âne symbolise l'humilité et la paix, accomplissant ainsi la prophétie de Zacharie 9:9 :
“ Réjouissez-vous… votre roi vient à vous… humble et monté sur un âne… ”
L’expression “ juste et victorieux ” est omise dans le récit du Nouveau Testament car sa première venue s’est déroulée dans la paix et l’humilité.
Mais dans l’Apocalypse (19:11), il apparaît dans la gloire, manifestant justice et victoire.
- Le présent – Pendant la procession
Une fois de plus, nous constatons des paradoxes. Il n'est pas un roi politique typique.
Son royaume est dans les cœurs qui le désirent ardemment.
Nous prions : “ Que ton règne vienne. ”
Lors de son entrée à Jérusalem, nous observons différentes réactions :
A. Les curieux / spectateurs
Dans Jean 12:9, les gens venaient par curiosité pour voir Lazare.
Comme la foule qui entourait la femme atteinte d'hémorragie — beaucoup ont touché Jésus, mais un seul l'a touché avec foi.
Aujourd'hui, les églises sont peut-être pleines, mais beaucoup y vont par habitude, par devoir ou pour des raisons sociales, sans véritable foi.
Le plus beau cadeau que vous puissiez faire à Dieu, c'est votre cœur.
Certains de ces mêmes individus ont ensuite crié : “ Crucifiez-le ! ”
La vie chrétienne exige la foi, l'engagement et la persévérance.
B. Les adorateurs croyants
Ils ont étendu des vêtements (dédicace) et chanté le psaume 118 :
“ Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. ”
Ils agitaient des palmes, symboles de victoire, de joie et de vie.
Ils ont crié :
“ Béni soit le Roi… ” (reconnaissant son autorité)
“ Paix au ciel et gloire au plus haut des cieux ”
Cela fait écho à l'annonce des anges lors de sa naissance.
Dans l'Évangile de Marc, ils crient “ Hosanna ”, ce qui signifie “ Sauve-nous ! ”
Puissions-nous être parmi ces joyeux adorateurs.
C. Les pharisiens
Ils voulaient que Jésus fasse taire la foule.
Mais Il dit : s'ils se taisent, les pierres crieront.
Des pierres inertes valent mieux qu'un cœur ingrat.
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à l'Évangile.
Comme l'a dit Pierre : “ Nous ne pouvons pas nous empêcher de parler de ce que nous avons vu et entendu. ”
- Après la procession
La suite des événements confirme qu'il est un roi d'un genre différent :
Au lieu de robes royales, on se moqua de lui en lui en donnant une seule.
Au lieu d'une couronne d'or, il portait une couronne d'épines.
Au lieu d'un trône, il fut placé sur une croix
Un roi d'un genre différent.
Au moment où aurait dû être sa fête, il pleura sur la ville – une tristesse profonde et intense.
Il pleurait ceux-là mêmes qui réclameraient sa crucifixion.
Cela prouve son amour.
Alors que les hommes prennent généralement soin du roi, Lui, il prend soin d'eux.
Il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir.
Le ciel se réjouit pour un seul pécheur qui se repent.
À ses yeux, une âme vaut plus que le monde entier.
Ainsi, le but de cette fête est son royaume dans nos cœurs.
Que Dieu nous aide à être obéissants comme les propriétaires de l'âne, et à l'adorer de tout notre cœur comme les fidèles croyants.
Amen.






